Philippe Raxhon

Ce docu-fiction s’inscrit dans le contexte exceptionnel du Centenaire de la Première Guerre mondiale. Incontestablement, le Centenaire de la Grande Guerre est la plus importante commémoration internationale – mondiale – de notre époque, mobilisant les ressources mémorielles des collectivités dans leurs composantes les plus diversifiées

C’est en Province de Liège que débute la Grande Guerre. C’est sur son territoire que le premier tué de la Première Guerre mondiale est tombé. Liège inaugure le drame, la brutalisation du XXe siècle. Les Liégeois subissent le choc de plein fouet, les militaires mobilisés comme des civils froidement massacrés. Mais, Liège offre une résistance militaire inattendue, héroïque, alors que la plus grande armée du monde à l’époque, 800.000 hommes, a violé la frontière de la Belgique neutre sans déclaration de guerre.
Le fort de Loncin, devenu emblématique, soutient le siège et ne se rendra pas.
En termes de marquage dans la durée, ces épisodes d’août 1914 constituent un moment bref, et dense en événements, un traumatisme inédit pour nos populations, mis en lumière au niveau mondial à l’époque, le monde entier est stupéfait du sort fait à la « Poor Little Belgium », et frappé par la volonté de lutter de l’armée belge, conduite par le roi Albert.
Le pays de Liège, comme d’autres provinces belges, connaît ensuite une occupation militaire brutale et longue de quatre années, une vie quotidienne très rude dans une expérience de guerre totale où les soldats belges qui se battent sur le front sont coupés, séparés d’un « arrière » où résident les leurs. Liège fait partie de cet « impossible arrière » qui est en somme en « territoire ennemi ». Dans ce contexte sombre, une résistance s’organise dans l’ombre, à travers des réseaux et des individus, lutte clandestine et dureté interminable de cette vie quotidienne sont entrelacés. En termes de marquage dans la durée, c’est une longue durée, où les événements sont moins retentissants en apparence, mais où se déclinent à Liège toutes les spécificités du cas belge dans la Première Guerre mondiale, aliments de la mémoire de celle-ci après la fin des hostilités.
C’est pourquoi Liège, l’une des trois seules villes au monde ayant reçu la Légion d’honneur, est en 2014 l’une des villes officielles du centenaire belge, avec Ypres et Bruxelles. Il est prévu une visite des chefs d’Etats à Liège à cette occasion.